1ère EPOQUE

L’histoire commence d’abord en 1979 avec la rencontre de Jean Djemad et Christine Coudun, ensuite en 1982 avec l’arrivée du hip-hop en France. La Compagnie Black Blanc Beur naît officiellement en 1984 dans un parking souterrain. Cela prend la forme d’un premier spectacle, parti d’une série de concours sur la ville nouvelle de Saint Quentin en Yvelines comprenant à l’époque 11 communes. 600 jeunes de 16 à 21 ans se présentent, 39 sont retenus.

“[…] C’est par le biais d’émission de radio sur radio 7 que Sidney propose les premiers disques de rap. En 1984, le même animateur est sur TF1. Son émission dure relativement peu mais le mouvement est lancé.[…] La danse, elle, prospère sur les cendres de l’émission télé et engendre des générations de ceux que l’on va appeler "breakers" ou "smurfers". Mais déjà les choses se compliquent. Une femme, il faut le noter, Christine Coudun, chorégraphe et licenciée en histoire- donc assez éloigné d’une rebelle afro-américaine du ghetto new-yorkais- et un karatéka médecin, Jean Djemad- loin d’un modèle de rappeur- en voyant danser à Elancourt les émules de Sidney, créent Black Blanc Beur, compagnie de danse mythique du mouvement hip hop." Philippe Verrièle- DU HIP HOP, DE L’ART ET DES DANSEUSES - Bordeaux Culture- Octobre 2007

“[…] C’était au Forum Culture et Quartier, à Bordeaux en 1983 ou 84. Jack Lang avait fait un beau discours. Ils ont déboulé sur scène. C’est la révélation pour tous les politiques et travailleurs sociaux présents. Lang avait demandé à ce que cesse le faux débat “culturel / socioculturel”, ce n’était que des mots. Avec les B3 sur scène, tout était dit […].” Claudine Moïse- DANSEURS DE DÉFI - Indigènes Editions - 1999

Depuis, avec un répertoire d’une vingtaine de pièces chorégraphiques, au travers de près de 1500 représentations en France et à l’étranger, les “Black Blanc Beur” ont déjà eu plusieurs vies.

(1984-1990)

1984 : J’en ai tout à foutre

(Durée : 80’)
Chorégraphie : Corinne Lanselle
Musique : Harry Goffin, Richard Raux, Guem

« Ils sont trente et un et tous dingues de danse. C’est ça B3. Cocktail étonnant. […] Break, smurff, jazz. Leur danse est née de la rue et du béton. Fougueuse, elle fait la nique à la « zone ». Leur pétulance investira demain une autre banlieue. Excellent virus. Déprimés, ne pas s’abstenir : avec B3, les galères se cassent . »
Farah C - L’Humanité - Décembre 85

1987 : Roma Amor

(Durée : 65’)
Chorégraphie : Charles Cré-Ange
Musique : François Kokelaere

« Les B3 déchaînés nous font tout oublier et semblent faire éclater la chorégraphie comme un vêtement trop étroit. Les B3 ont bien travaillé depuis 3 ans et mûri . […] (Dieu merci ils ont gardé leur humour) . […] Les interprètes ont acquis une plus grande théâtralité, maîtrisent mieux les effets de leurs prouesses jazz-smurf and co, et imposent la modération quand c’est nécessaire à leur fougue métissée. . […] Un bel hymne à la différence. »
Chantal Langeard- Les Saisons de la Danse Mars 1987.

« La danse des Black Blanc Beur intègre le spectaculaire comme un voyou la séduction. Sans complexe. Le programme c’est d’un bout à l’autre un plaisir partagé : plaisir pur de la scène, impur de la danse, brutal, immédiat et sans intermédiaire… West side story, magistralement dansé : des soli époustouflants, mais aussi des chorus sans failles. […] »
Brigitte Paulino-Netto – Libération Février 1987

1988 : M. Zzarbi

(Durée : 75’)
Chorégraphie : Moïse
Musique : Christophe Zurfluh

« Autant le précédent Roma Amor jouait sur l’homogénéité, la force athlétique de douze black guerriers, machos, autant celui-ci joue sur l’hétérogénéité, l’humour, la sauvagerie rigolote, la décontraction et sur la multiplicité des variations gestuelles de danseurs aptes aux prouesses techniques mais surtout virtuoses par le style ».
J.J. Samary- Libération Juin 1988